ULRIKE MOESCHELULRIKE_MOESCHEL.html
ULRIKE_MOESCHEL.html

Dans ses installations, Ulrike Möschel détourne des objets du quotidien pour les rendre étranges voire menaçants.


Une simple porte noire est déformée comme après une tentative d’effraction, des morceaux de verre brisé sortant de l’interstice créent un sentiment de danger : quel crime a été commis derrière cette porte ?


Un toboggan métallique blanc sciemment tordu s’encastre dans un mur. Quelle force obscure a fait de cet objet ludique une arme et une victime de destruction ?


Une balançoire blanche dont les cordes sont effilochées à hauteur de main, l’artiste y a remplacé la corde par un filin d’argent entouré de fils d’or blanc, est ainsi fragilisée et rendue inutilisable. Quel danger court la personne qui voudrait s’asseoir sur cette balançoire si séduisante dans sa blancheur immaculée ?


Une marelle, non pas dessinée à la craie ou tracée dans le sable mais matérialisée par des brisures de verre, devient potentiellement un objet de supplice. Quelles blessures subirait l’enfant innocent qui y sauterait pour atteindre le ciel (ou l’enfer) ?


Un berceau en bois noir posé contre le mur, sans matelas et sans barreaux sur un côté, donc sans protection. Quel esprit froid et cruel a fabriqué cet objet cauchemardesque?


Des silhouettes d’oiseaux noirs découpées dans un film auto-adhésif et collées sur une vitre. Sont-elles là pour protéger les oiseaux d’une collision ou pour nous faire peur en évoquant le thriller d’Alfred Hitchcock Les oiseaux ?


Malgré leur aspect angoissant, les objets et installations de l’artiste sont toujours empreints de poésie, leur esthétique fragile et précieuse s’opposant à la brutalité de la situation évoquée.


Le motif de l’oiseau revient souvent dans ses dessins et ses installations et films vidéo. Elle y joue également de l’ambivalence attraction/répulsion, lorsqu’elle filme un moustique ou le travail patient de l’araignée tissant sa toile, et opère un détournement d’espace et de situation en projetant un film vidéo d’un requin nageant dans une eau bleue sur les fenêtres d’un immeuble qui se transforme ainsi en aquarium.


Depuis plusieurs années, Ulrike Möschel écrit également de courtes phrases, à la craie, à la mine de charbon ou à l’encre, des traces susceptibles d’un effacement et d’un oubli prochain. Elle y fixe (temporairement) des expressions toutes faites du langage commun, des bribes de conversation attrapées ça et là, les sort de leur contexte et les rend ainsi à la fois « mémorables » et signifiants malgré leur manque apparent de profondeur.

 


ULRIKE_MOESCHEL.html
ULRIKE_MOESCHEL.html